dimanche 13 avril 2014

Un petit tag - Presque 100% lecture !

Pour la première fois de ma vie me voilà taguée ! Merci Nathalie d'avoir pensé à moi !

"Le Liebster award est accordé à des blogueurs qui ont moins de 200 abonnés. Qu'est-ce qu'un Liebster? Ça vient de l'allemand "le préféré", le "favori", le "plus cher", etc.."

Le principe :
- mettre un lien vers le blog qui vous a choisi et tagué
- mettre 11 anecdotes sur soi


Bon et bien à moi de jouer !

11 anecdotes sur moi :

1/ J'adore le chocolat, je suis une fan inconditionnelle de chocolat !
2/ J'ai une petite puce de deux ans qui adore déjà les livres (avec une préférence pour "la lecture rapide" et  Sartre... oO )

3/ Il y a plus de 800 livres chez moi, dont au moins 450 dans ma Pal !
4/ Sur mon bureau il y a un petit agenda dédié spécialement à la lecture, où sont indiquées les dates limites de lecture des partenariats, les réceptions de livres, mes achats, les lectures communes, les publication sur mon blog, ...
5/ Je recopie dans un cahier toutes les phrases et passages qui m'ont particulièrement touchés dans un livre.
6/ J'aime boire un chocolat chaud en lisant le soir avant d'aller dormir.

7/ J'ai découvert que le temps passait beaucoup plus vite lorsqu'on lisait en faisant du vélo d'appartement, et qu'on peut perdre beaucoup de calorie avec un seul chapitre, même à la plus douce vitesse.
8/ Je corne un tout petit peu les coins des pages où un passage me plaît. (pour pouvoir le recopier dans le cahier, si vous avez tout suivi).
9/ Oui je suis en train de ne chercher que des anecdotes en rapport avec la lecture... et ce n'est pas si facile que ça au final !

10/ J'ai abandonné ma lecture du Seigneur des Anneaux parce que pendant des années il n'y avait que la grande édition des trois tomes en un seul volume illustré à la maison, et qu'il était trop lourd pour l'emmener dans mon sac. Depuis j'ai emprunté la version poche de mon frère pour le lire ...
11/ Il y a trop de livres que je veux lire, et pas assez de temps dans mes journées pour pouvoir le faire ...


Ouf ! mission accomplie ! 

Maintenant, voyons les questions de Nathalie :

- Quelle est la dernière chanson que tu as entendue ? C'est une bonne question et je ne saurais même pas dire.
- Quel est le livre qui t'a le plus touché ? Je ne sais pas si un m'a touché plus qu'un autre. Il y en a beaucoup qui m'ont fait pleuré comme le tome 6 de Harry Potter ... d'ailleurs qui n'a pas versé sa petite larme à la mort de Dumbledore ? Plus sérieusement, j'ai les lacrymales un peu trop sensible et dès qu'un auteur tue un personnage auquel je me suis un peu attachée, pouf ça coule sur mes joues. La Plantation de Leila Meacham, a été terrible pour ça sur les 200 dernières pages, j'ai pas arrêté de jouer les fontaines ...
- Quelle est ta gourmandise préférée ? Les pyramides en chocolat ! Sinon les éclairs au chocolat, et en fait tout ce qui est tout chocolat ! 
- Où as tu passés tes dernières vacances ? Les dernières vraies vacances remontent à au moins 4 ans et c'était en Espagne. Mais je rêve d'aller passer quelques jours au bord de l'Atlantique ...
- Quelle célébrités rêves tu de rencontrer ? Franchement je ne sais pas, je ne suis pas sûre d'avoir envie d'en rencontrer une plus qu'une autre. Qu'est-ce que la célébrité au fond ? Les célébrités ne sont que des gens comme nous ! 
- Aimes tu ton prénom ? Oui, parce que c'est le mien et qu'il a été choisi par mes parents. Il est peu courant et c'est tant mieux !
- Pourquoi as tu créer un blog ? Parce qu'à l'époque je n'avais pas grand monde autour de moi avec qui échanger sur mes lectures. Mon précédent blog n'étant plus d'actualité, j'avais envie de passer à autre chose. Et j'avais envie de partager mes impressions sur les livres que j'avais lus. Et c'est en ouvrant mon blog que j'ai découvert qu'il existait une blogo littéraire. C'est ainsi que j'ai découvert Livraddict, les lecteurs sur facebook, les blogs, les forums, et que j'ai pris plaisir à partager avec vous tous !
- Aimes tu ton métier ? Dans la mesure où j'essaye de pouvoir vivre de ce que je crée, je vais répondre oui. Mais si ce projet n'est pas viable, il faudra que je cherche un travail que j'aimerais sans doute beaucoup moins.
- Quelle est la chose que tu regrettes le plus ? C'est une question trop personnelle pour y répondre ici. Mais sinon j'essaye de faire en sorte de ne rien avoir à regretter, car comme le dit l'adage : "La vie est trop courte pour avoir des regrets".
- Quel don aimerais tu avoir ? Celui de pouvoir comprendre les gens, facilement et simplement. Peut-être même pouvoir lire dans leur esprit. Sinon voir dans le noir serait vraiment sympa pour lire la nuit ;)
- Quel est selon toi la qualité qu'il faut avoir pour te séduire ? Il faut être soi-même : honnête et sincère.

 *****

Pour cette session je vais taguer : Ninette, Saveurs, Cappu, Hajar, Livresse, Strawberry, Psylook, Klo, Sevmarguerite et Nymou
J'espère que vous jouerez le jeu les filles, si d'autres veulent participer, n'hésitez pas !

En plus des 11 anecdotes à nous confier sur vous, vous devrez répondre à ces 11 questions :

1/  Es-tu plutôt livres neufs ou livres d'occasions ?
2/  Lis-tu en numérique ? Aimes-tu ça ?
3/ Lis-tu des classiques ? Y en a-t-il un que tu aimes tout particulièrement ? Et un que tu détestes ?
4/ Il y a-t-il un livre que tu conseilles à tout le monde de lire ? Un livre chouchou que tu adores et relis sans cesse ?
5/ Comment ranges-tu ta bibliothèque ?
6/ Comment choisis-tu ta prochaine lecture ?
7/ As-tu des priorités de lecture ? (partenariats, emprunts, SP, etc ...) Comment fais-tu pour les gérer et t'organiser ?
8/ Quel est le livre que tu as le plus lu, relu, re-relu, re-re-relu dans ta vie ?
9/ Combien de livres composent ta Pal ?
10/ Combien de temps en moyenne séjournent un livre dans ta Pal avant d'être lu ?
11/ Si tu étais un auteur, lequel aimerais-tu être ?

A vous de jouer ! N'hésitez pas à me communiquer en commentaires les liens vers vos articles, que je puisse aller les lire, et mettre ce post à jour !

lundi 7 avril 2014

C'est lundi que lisez-vous ? [28]


"C'est lundi ! Que lisez-vous?" C'est une idée originale créé par Mallou, maintenant coordonnée par Galleane.

On répond comme chaque Lundi à trois petites questions :

1. Qu'ai-je lu la semaine passée ?
2. Que suis-je en train de lire en ce moment?
3. Que vais-je lire ensuite ?
 
Ce que j'ai lu la semaine passée :

Du 31 mars au 6 avril  2014
J'avais besoin d'une petite pause dans le livre en cours, et je ne n'avais pas lu de livre pioché dans ma Bookjar. Le sort a, pour mon plus grand plaisir, désigné ce petit livre, qui a été vite lu. Un très chouette livre, que je relirai sûrement.

- La Reine des lectrices, de Alan Bennett

 Ce que je suis en train de lire :
 
Pas de changement dans ma lecture en cours, après deux tentatives où j'ai bloqué, je l'ai laissé de côté quelques jours. Je vais maintenant m'y replonger à tête plus reposée.

- Derrière toutes choses exquises, de Sébastien Fritsch


 Mes prochaines lectures :

Un livre a paraître aux Editions Charleston et ensuite je choisirai selon mes envies.

  Cette semaine j'ai publié :

Rien, mais alors rien du tout. Bouh ! Pas bien. Mais des fois l'envie n'y est pas, alors ...

Et vous que lisez-vous ?

lundi 31 mars 2014

C'est lundi que lisez-vous ? [27]


"C'est lundi ! Que lisez-vous?" C'est une idée originale créé par Mallou, maintenant coordonnée par Galleane.

On répond comme chaque Lundi à trois petites questions :

1. Qu'ai-je lu la semaine passée ?
2. Que suis-je en train de lire en ce moment?
3. Que vais-je lire ensuite ?
 
Ce que j'ai lu la semaine passée :

Du 24 au 30 mars 2014
Une jolie semaine de lecture, et pour une fois, presque une chronique a suivi chaque lecture ! Je suis presque fière de moi ! Des lectures très différentes, mais qui m'ont toutes fait passer d'agréables moments !

- Trois filles et leurs mères, de Sophie Carquain (à paraître aux Editions Charleston)
- Le Grand Ecart, de CKSCHMITT
- La Décroisade, de Pierre Gévart 

- Les deux visages de l'amour, de Marie Laurent

 Ce que je suis en train de lire :
 
J'ai commencé les premières pages de ce livre dans le bus cet après-midi, et j'aime beaucoup la plume de l'auteur pour le moment. Affaire à suivre donc !


- Derrière toutes choses exquises, de Sébastien Fritsch


 Mes prochaines lectures :

Cette semaine je vais m'accorder le luxe de choisir selon mes envies.

  Cette semaine j'ai publié :

J'ai publié pas moins de quatre chroniques de lecture ce qui n'est pas mal du tout je trouve. A venir bilan du mois de mars, un petit récapitulatif des petits nouveaux de ma bibliothèque et un point trimestriel sur les challenges.


Et vous que lisez-vous ?

dimanche 30 mars 2014

Les Deux Visages de l'amour - Marie Laurent

Les Deux Visages de l'amour, de Marie Laurent

300 pages environ (affichée sur ma liseuse)
Editions Laska
Parution : 6 mars 2014
Livre électronique

Présentation de l'éditeur :
Paris, 1820

Bernard Vessons, jeune demi-solde ruiné par la chute de l’Empire, rencontre lors d’une errance nocturne une femme d’une grande beauté qui croit le reconnaître. Lui-même a perdu la mémoire suite à une blessure reçue à Waterloo. L’inconnue se révèle être Louise de Granville, une aristocrate qui recherche désespérément son époux disparu. Tout les oppose, d’autant que Bernard est engagé dans un complot visant à faire évader Napoléon, mais une force mystérieuse les pousse l’un vers l’autre. Parviendront-ils à se rejoindre en dépit des obstacles et du poids du passé ?


     Les évènements de ce livre se déroulent un peu plus de trente ans après la Révolution de 1789. La France est alors divisée entre deux groupes : les bonapartistes et les légitimistes. Le pouvoir ne cesse de changer de camps, et il devient difficile de savoir qui sont les vrais alliés, les espions ou les ennemis politiques dans ses amis et relations. Chacun cherche à faire revenir au pouvoir celui qu’il juge comme légitime.

      En 1820, après les Cent Jours, Louis XVIII est à nouveau au pouvoir et Napoléon exilé à Sainte Hélène, dont on espère que cette fois, il ne s’échappera pas. Sainte Hélène est isolée et très bien gardée. Pourtant quelques téméraires échafaudent un plan pour faire évader leur empereur, aider par le soutien financier d’un noble, bonapartiste par choix comme il se plait à le dire. Faire partie de ce complot signifie se donner corps et âme à la cause, toute forme d’attachement est prohibée, du moins c’est ce que souhaite le meneur du groupe.

      Le jeune Bernard fait partie de l’aventure. C’est un jeune homme frêle, et défiguré par une balafre souvenir du champ de bataille, mais il ne se souvient duquel, ni du pourquoi du comment. En effet celui-ci a perdu la mémoire, c’est sa sœur Marianne qui l’a retrouvé et lui a patiemment réappris tout son passé. Bernard est fier de son père Caporal dans l’armée de Napoléon, et compte suivre ses pas, en participant à l’évasion.

      Une rencontre vient cependant bouleverser et ses plans, et son cœur. Qui est cette jeune femme qui pense le reconnaître un soir dans la rue ?

     Louise de Granville, est à la recherche de son mari, disparu quelques années plus tôt sans donner de nouvelles. Toujours éprise de lui, elle ne peut le croire mort. Quelle est donc sa surprise de croiser cet homme si semblable à son Philippe, et à la fois si différent.

      Les choses peuvent-elles aller plus loin entre eux ? Malgré les camps politiques qui semblent les opposer de par leurs conditions ? Malgré ses chaperons qui les surveillent sans cesse ? Sont-ils prêts à prendre tous les risques et se revoir ?
      Bernard parviendra-t-il à éclairer son passé ? Louise retrouvera-t-elle la trace de son époux ?
Parviendra-t-elle à connaître quelles raisons ont entraîné Philippe loin d’elle ?

      Ce que j’ai beaucoup apprécié dans ce texte, c’est que l’histoire d’amour, tout en étant capitale, tient une place secondaire. Bien sûr qu’elle s’immisce dans les projets des jeunes gens, les faisant douter de leurs convictions et de leurs choix.
      Mais les enjeux politiques restent sur le devant de la scène. Et nous assistons précisément à ce que devait être la situation à l’époque. Une période politiquement floue, où l’on ne sait plus quel camp choisir, où le pouvoir passe de l’un à l’autre. Qui sont les amis ? Qui sont les ennemis ? Chacun se voit contraint de rester sur ses gardes. Il ne faut pas trop en dire, car comment peut-on être sûr des intentions de son voisin ? Les amis se révèlent aussi fourbes que les ennemis, et il y aurait là pour tout homme raisons à devenir fou.

     Je ne saurais vraiment préciser pourquoi, mais j’ai trouvé qu’il y avait quelque chose de Stendhalien dans ce roman. Les personnages me semblent assez proches de ceux de l’illustre auteur, où est-ce leur situation compliquée qui me donne ce sentiment ? Je suis quitte pour relire Stendhal pour vérifier mon intuition.

     L’auteure ne lésine pas sur les détails, laissant vivre les évènements clefs sur plusieurs pages, nous rapportant fidèlement chaque geste ou pensée des personnages, et passant rapidement d’une scène importante à une autre.
     Malgré les presque trois cents pages du livre, elle nous embarque totalement, j’avoue ne pas avoir réussi à le lâcher le avant la fin (et m’être endormie fort tard aussi). On ne peut laisser les personnages dans la situation où ils sont à la fin de chaque chapitre, il nous faut toujours poursuivre la lecture pour découvrir la fin.
     Si la couverture peut paraître un peu naïve, voir niaise, il ne faut pas s’y arrêter, car ce n’est pas tout à fait une romance qui se cache dans ses pages, mais bien un roman historique rédigé avec soin, qui nous dévoile une tranche de vie de l’époque, en toute simplicité.

     J’ai apprécié que nous passions plus de temps dans la petite maison de Bernard et Marianne, dans les rues et les bistrots de Paris, que dans les hôtels particuliers et les salles de bal ; nous livrant ainsi un Paris plus authentique avec une Province bien calme, et sereine, loin des intrigues. J’ai aimé cette simplicité des personnages, loin de tout faste qui les rend attachants et vrais.

     J’ai passé un bon moment en compagnie de ce livre, qui au départ m’effrayait un peu je dois l’avouer.
     J’avais peur de tomber dans la mièvrerie la plus complète, avec beaucoup de Pathos et d’émotion surfaite, et qui s’est révélé tout autre. Merci à Marie Laurent pour son regard léger sur cette période, et son talent pour nous la rapporter en toute objectivité, sans prise de position aucune.

     « -Maintenant, je suis seule au monde, je n’ai plus personne. 
Philippe bredouilla :
- Tu m’as, moi, nous ne nous quitterons jamais, quoiqu’il arrive. »

     « - De plus, poursuivit l’autre […], nous ne nous appartiendrons plus jusqu’à notre victoire. Aucun lien amoureux ne pourra être formé, aucune amitié en dehors de notre cercle. »

     « Son bras passé sous celui de Bernard, Louise éprouvait le même sentiment de sécurité que jadis, quand elle accompagnait Philippe dans ses randonnées. Etrange. Elle connaissait à peine ce garçon et, déjà, elle avait toute confiance en lui. »

    « Qu’est-ce que je fais là ? s’était-il demandé, en plein désarroi. Tout ce qu’on lui avait enseigné dans son enfance et pendant ses études devenait sujet à caution. Le jeune ultra convaincu qui avait quitté sa Normandie natale trois mois plus tôt voyait ses certitudes vaciller. »

     J'ai reçu ce livre en partenariat avec les éditions Laska et le forum Have a Break, Have a book, et je les en remercie. 


samedi 29 mars 2014

La décroisade - Pierre Gévart

La décroisade, de Pierre Gévart

285 pages
Editions Lokomodo
Parution : février 2014

4ème de couverture :
Sagaï, le faiseur de pluie, retrouve la Terre après six siècles de voyage. Mais c’est à présent un monde désertique, où les pluies sont quasi inexistantes. Le cardinal Alvin Aaleigh revient d’un autre voyage d’évangélisation des mondes lointains, de six cents ans également, et débarque en compagnie d’un prêtre extraterrestre sur une Terre désormais acquise à l'islam, où le Pape est devenu "Al Abbas". Tous les deux ont bien des choses en commun, mais aussi bien des points de divergence. Aussi est-ce à la fois en alliés et en adversaires qu’ils tenteront de lancer une croisade. Cependant, la partie qui s’engage a plus de deux joueurs... et le véritable enjeu n'est peut-être pas uniquement religieux.

     Imaginez un instant que Mars soit devenue une planète habitable et cultivée. Une planète verte et agréable.
     Puis imaginez que la Terre soit devenue un immense désert, aride et triste.
     Comment serait-ce possible ?
     Il se pourrait qu’un Faiseur de pluie soit passé sur la première et que sa danse la rende fertile. Mais la seconde ? Il est possible qu’un groupe de martiens mal intentionnés ait décidé de l’assécher… mais pourquoi ?

     Sur Terre, l’Eglise s’est affaiblie au profit de l’Islam, et le Vatican n’est plus qu’un souvenir. Un Pape demeure en place, mais plus pour la forme qu’autre chose. Il est, dans ce monde, mal vu d’être chrétien. Le Calife veille à ce que l’Islam et ses commandements soient respectés.

     C’est dans ce monde qu’atterrissent le Cardinal Alvin Aaleigh et mère Velvet.
Et quelle n’est pas leur surprise de revenir d’une mission de près de 600 ans terrestres et de retrouver leur planète en pareille situation. Tous les deux ont embarqué sur le vaisseau le Saint Ampoule, pour partir à la recherche d’autres mondes croyants avec lesquels bâtir une Eglise plus forte.
     C’est ainsi qu’ils rapporte dans leurs bagages, un Scranxien, un extraterrestre possédant de forts pouvoirs psychiques.

     Et c’est sur cette Terre bouleversée, que va reprendre connaissance un jeune homme du nom de Sagaï. Lui aussi a connu la Terre que nous connaissons aujourd’hui. Il ne se souvient de rien de sont passé. Les martiens lui ont posé une barrière psychique en attendant que vienne l’heure propice au déroulement de leur plan : « Déluge. ».
    Mais qui est Sagaï ? Comment cet homme, qui ne se souvient pas croyant, peut-il être reconnu par tous comme le nouveau Messie ? Etonné, il décide de jouer le jeu : jusqu’où cela le mènera-t-il ? Peut-il faire confiance à ceux qui l’entourent ?

    Ces hommes et femme du passé devront essayer de comprendre comment leur monde en est arrivé à cet extrême, quelles sont les puissances en jeu. Ils leur faudra être attentifs et rusés pour tirer leur épingle du jeu.

     A travers ce texte, il nous est facile de noter certaines similitudes avec le monde géopolitique et religieux actuel.
     Mars se place en super-puissance, qui de loin, décide de ce que doit être le sort de la Terre : « asséchons-la », et quelques années plus tard, « peut-être avons-nous fait une erreur, rendons-lui son eau », mais les martiens ont-ils seulement pris conscience de leurs actes, évaluez les conséquences pour les terriens. Il est si facile de décider pour les autres, lorsque l’on n’est soi-même pas concerné. Il est si agréable de se sentir tout puissant ; mais cela a un prix à payer, et il faut toujours surveiller ses arrières.
    Le conflit religieux en est-il vraiment un ? Est-il vraiment question de théologie, ou ne serait-ce pas plutôt des hommes avides de pouvoir qui la brandissent devant eux, telle une justification de leurs actes ? Guerre et religion sont pourtant opposées, et paradoxalement elles se trouvent sans cesse enchevêtrées, dans notre passé comme dans notre présent, et sûrement comme dans notre avenir.
     Dans ce texte ressort aussi une part noire de la nature humaine : moi d’abord, mon intérêt d’abord. Tu ne m’es utile que tant que j’ai besoin de toi, ensuite je te laisse dans l’ombre, au mieux, ou je te trahis, au pire. Les hommes sont égoïstes et égocentriques, et 600 ans plus tard, ils n’ont toujours pas compris les messages d’amour et de partage que propagent les différentes religions.

     Dans ce texte, on y retrouve au final presque toutes les religions : l’islam, le judaïsme et la chrétienté sur Terre, mais aussi le protestantisme sur Mars et un mouvement shamanique qui erre dans l’espace et que les autres vont tenter d’exploiter. Serait-ce un message ? Faudrait-il revenir à des croyances plus simples, basées sur les éléments, et apprécier ce que la planète nous offre, plutôt que de se faire la guerre au nom d’un Dieu unique ?

     J’ai été un peu déçue des raccourcis un peu stéréotypés que fait l’auteur.
Le désert a grignoté la Terre, se qui a favorisé l’expansion de l’Islam, pourquoi ? Parce que ce sont initialement des peuples du désert ? Le Pape catholique n’a qu’une idée en tête : rendre sa splendeur à Rome et au Vatican, à croire que seul le prestige le satisfait. Le juif est fourbe et rusé, il arrive au bon moment, arrange les choses à sa sauce, pour finalement filer pour sauver sa peau. Les protestants ne peuvent s’empêcher de se croire supérieurs, et de vouloir s’imposer et contrôler.
    J’ai presque envie de dire : pitié !
     Comment aller vers une paix religieuse si ce genre de stéréotypes restent autant ancrés dans les esprits ?! Heureusement, l’auteur pointe aussi du doigt quelques points communs, mais de façon trop légère je trouve.
     Par contre j’ai apprécié que le Scranxien écoute ce que le Cardinal Alvin, l’Emir et le juif avait à dire avant de se rallier à une religion. Et on constate que ce ne sont pas ceux qui ont le plus essayé de l’attirer vers eux qui y sont parvenus. C’est une leçon à retenir : en faire trop, est plus souvent synonyme d’échec que de réussite. A trop vouloir convaincre, on oublie d’écouter et de répondre aux questions, or quelqu’un qui se cherche a avant tout besoin de réponses.

     L’idée de départ n’est pas mauvaise, joindre science-fiction, catastrophe climatique, guerre de religion et quête de pouvoir, mais il y a presque trop de données mélangées, ce qui rend les éléments durs à exploiter complètement. Il y a un grand nombre de raccourcis qui sont fait tout au long du roman que j’ai trouvé assez gênant. Les raisons de l’assèchement de la Terre ne sont que brièvement exposées, c’est comme ça et puis voilà. Comment et pourquoi l’Islam est devenue la religion dominante sur le globe ? Et quel rapport avec la sécheresse ? Comment se fait-il qu’un Pape soit toujours toléré, alors que les chrétiens se cachent ? Pourquoi le Cardinal est parti en mission et comment se fait-il que le Pape ne l’attende pas plus que ça ?
     Et que dire de la fin ? Elle m’a presque désolée, surtout les dernières lignes. Qu’est-ce que cette histoire de jalousie féminine vient faire là ? J’avoue ne pas avoir compris. Alors que j’aurais aimé savoir ce qu’il était advenu de Mars, quelles sont les conséquences du déluge ? Que vont faire nos amis fuyards avec leur arche de Noé de l’espace ? Comment l’Islam et la Chrétienté ont finalement pu s’entendre sur Terre ?
     Pour moi ce sont trop de questions demeurées sans réponses, et j’ai presque envie de dire : tant de pages lues pour en arriver là, à n’en savoir que si peu ?

     Toutefois le roman se lit bien, une fois plongé dans le texte, on se laisse prendre, et on voyage dans ce monde du futur. L’écriture est fluide, mais parsemée de mots très techniques, le vocabulaire religieux est très exploité, donc si vous n’êtes pas familiers avec les termes théologiques, un dictionnaire à portée de mains, pourra s’avérer un allié de poids.
     Je regrette peut-être les descriptions souvent sommaires dans les moments clefs et plus détaillées lors des relâches de l’histoire, comme pour meubler un vide d’écriture.

     Malgré une petite frustration à la fin, c’est une lecture que j’ai appréciée, et qui je pense me restera en tête quelques jours grâce à toutes les questions religieuses et géopolitiques que l’auteur soulève à demi-mots.

     Si vous êtes allergiques aux prêtres, imams, rabbin, et à toute citation de texte sacré, passez votre chemin, ce texte n’est pas pour vous. 


    « Pourtant nous n’avons rien changé à nos plans. Spiritu Sancte a été programmé au départ, il y a exactement cinq cents quatre-vingt-seize ans, deux mois, et trois jours. Je vous passe les heures et les secondes. »

    « Mes frères, je suis venu vous annoncer des temps de souffrance et de mort, et puis des temps de gloire et de résurrection. Prenez votre croix, croisez-vous, mes frères, et délivrez l’Eglise. »

    « Janos ne put réprimer un sourire : il allait avoir bientôt réalisé la première partie de sa mission sans avoir eu à se donner d’autre peine que celle de ne pas saisir les chances de s’enfuir qui se présentaient à lui. Pour un peu, il aurait éclaté de rire. »

    « La vraie Croisade, c’est d’abord dans nos cœurs qu’il faut la mener. Les seules armes qu’il nous faut pour cela, ce sont la prière, et l’amour. Que toutes nos troupes déposent les armes. »

    « Il n’ignorait pas qu’avait existé un jour une guilde des maîtres de la pluie et des condensateurs Megarex, mais il partageait la conviction, qui était celle de tous les hommes de Mars et sans doute de la Terre, selon laquelle les maîtres étaient en fait des techniciens en blouses blanches. On n’avait inventé cette histoire de danse de la pluie qu’en s’inspirant de vieilles coutumes des pré-civilisés terriens, pour enjoliver le récit des évènements. Et pourtant, il se rendait maintenant compte que tout cela était vrai : [il] dansait ! »



    Merci aux édition Lokomodo et au forum Have a Break, Have a Book pour la découverte de ce livre.

vendredi 28 mars 2014

Conversation avec un gâteau au chocolat - Martin Page

Conversation avec un gâteau au chocolat, de Martin Page

36 pages
Editions l'école des loisirs, collection Mouche
Parution : Mars 2009
Illustrations : Aude Picault

4ème de couverture :
Comment faire quand vos parents partent éteindre un incendie le jour de votre anniversaire et vous laissent tout seul ? C'est simple, il y a deux solutions : soit vous devenez le spécialiste mondial de l'ennui ou bien vous guettez une rencontre extraordinaire... Comme celle avec un gâteau au chocolat doué de parole. Mais attention, si vous commencez une conversation avec votre gâteau d'anniversaire, il peut devenir difficile de le manger. 
Un livre pour les enfants qui aiment déjà lire tout seuls.


      C’est un soir d’anniversaire. Un petit garçon comme il y en a tant, mange son dîner d’anniversaire avec ses parents. Ces derniers sont pompiers, et se voient dans l’obligation de quitter la table avant le dessert. Le petit garçon reste seul ; et c’est seul et déçu qu’il s’apprête à déguster son gâteau d’anniversaire. Un chouette gâteau, fait selon ses préférences, avec peu de farine et beaucoup de chocolat. Mais au moment de couper dedans, une voix résonne dans la maison. D’où vient-elle ?

     C’est un joli petit livre qui en plus d’amuser les enfants, fait passer un message aux parents. Soyez attentif à la solitude que peut ressentir votre enfant, surtout lorsque vous devez vous absenter et le laisser seul. Peut-être alors cette envie d’avoir un animal de compagnie n’est pas seulement un caprice.
     Un enfant livré à lui-même, sans être vivant à qui parler, même si ce n'est qu'un lapin, se retranche dans son monde à lui, dans sa tête. Il lui manque quelque chose pour s’épanouir et l’accompagner dans la vie.
    Et même si un bon gâteau au chocolat adoucit toutes les peines, il ne peut tout résoudre, car au final, ce n’est qu’un gâteau.

    Et comme toujours, on retrouve dans ce texte l’humour de Martin Page et sa plume toujours aussi affûtée et pleine de justesse. Et le livre est joliment illustré de petites aquarelles toutes mignonnes, aux teintes très douces.

     « J’avais demandé un gâteau au chocolat concentré en chocolat, lourd et compact. Le secret est de ne pas ajouter de farine (je crois que les pâtissiers ont un attachement sentimental à la farine ; quand on leur demande de ne pas en mettre dans un gâteau au chocolat, ils deviennent triste. Mais je n’y peux rien : c’est meilleur comme ça). »


     « Personne n’avait voulu venir à mon dîner. Je ne sais pas pourquoi. Je croyais être un garçon gentil. J’avais même dit à les camarades d’école qu’ils pourraient venir avec leurs animaux domestiques, réels ou imaginaires, et avec leurs plantes d’appartement (pour les présenter à celle de ma mère. »

jeudi 27 mars 2014

Le Grand Ecart - CKSCHMITT

Le Grand Ecart, de CKSCHMITT

32 pages
Auto-édition

Parution : février 2014
Livre électronique

Présentation de l'auteur :
8 femmes, 8 âges, 8 histoires. En reconnaîtrez-vous l'une d'elles?



     Je dois reconnaître que ce n’était pas tout à fait ce que j’attendais. Je pensais que les nouvelles rapporterais des anecdotes de l’histoires de femmes célèbres, et qu’à la façon des devinettes nous devrions les reconnaître. Et bien pas du tout, et ce que j’ai découvert était milles fois mieux !


     Dans ce recueil, la parole est donnée à 8 femmes, toutes d’un âge différent : 16, 20, 30, 40, 50, 60, 70 et 80, environ. Chacune en est à un stade différent dans sa vie amoureuse, et c’est ce que nous propose de découvrir l’auteure. Et si on s’attend à une évolution croissante, nous sommes quelque peu surpris de son choix de nous présenter cela à rebours. Je trouve cette idée brillante, car cela évite la lassitude, et je dois avouer que j’ai compris le truc qu’au bout de la cinquième nouvelle.


      De cette décroissance nous apparaisse clairement deux choses :
      Il y a une certaine stabilité dans les réactions de 60 à 80 ans, comme si ces femmes étaient hors temps, qu’elles avaient vécues les étapes importantes, et qu’il ne leur restait qu’à vivre au jour le jour. Contrairement au 30 premières années de la vie qui sont intenses et pleines de changements, de rebondissements, et où la sagesse s’acquière doucement au fil des expériences vécues.
      La seconde c’est que la vieillesse pardonne tout, alors que la jeunesse est rancunière. La jeunesse se blesse, et, pleine d’orgueil, rejette ce qui la blesse ; la vieillesse, elle, accepte tout, y compris ce qui la blesse, comme la maladie. La jeunesse se bat, lutte, et n’accepte pas les choses, quand la vieillesse n’est qu’abandon.


     J’ai beaucoup aimé découvrir la vieillesse sous la plume de cette auteure, plus que la jeunesse finalement. La vieillesse ici, est belle, légère, presque désirable.


     Peut-être est-ce du au fait que sur les trois premières nouvelles, l’auteure peut se laisser portée par la sérénité de la vieillesse, mais qu’ensuite elle doit se confronter aux luttes de la maturité et de la jeunesse, ce qui la fait, hélas, tomber dans certains clichés : la mère de famille qui a l’impression de gâcher sa vie, la cinquantenaire qui se rend compte qu’elle est cocue depuis des années, la quarantenaire qui dit « plus jamais d’hommes » et qui retombe dans le panneau, avec un plus jeune qu’elle, histoire de revivre à nouveau la même désillusion.


     Malgré ces stéréotypes, les nouvelles se lisent avec plaisir, car CKSCHMITT a un réel don pour manier les mots. Sa prose est poétique, simple mais efficace ; les sentiments de ses personnages sont percutants et vrais.
     Je suppose que l’on doit pouvoir se retrouver dans ses femmes, ou du moins celles de notre entourage dans ses portraits.
      Il est intéressant en tant que femme de lire ces textes, qui abordent certaines vérités et circonstances, à méditer et à analyser, peut-être pour ne pas faire les mêmes erreurs.

     Par contre je dois avouer que je n’ai été étonnée par l’avant dernière nouvelle, qui pour moi avait un air de déjà vu, du au fait qu’une des nouvelles de Charlotte Boyer reprenait la même histoire. Est-ce la mode pour les jeunes filles de 20 ans de vouloir tuer plutôt que de perdre celui qui nous repousse, et que l’on a déjà perdu de toute façon. Quelle bêtise de s’aliéner ainsi et gâcher sa vie, pour être seule au final. Est-ce la naïveté de l’âge qui parle ? Toujours est-il que j’ai été surprise de retrouver ce même sujet en aussi peu de temps. Comme quoi, le hasard des fois !

      En bref c’est un petit recueil vraiment sympathique, qui se lit vite, à l’écriture soignée et poétique, sur un sujet plein de vérité et d’existence. Si vous avez l’occasion de le lire, surtout ne vous en privez pas !

    "C'est drôle la vie, quand on y pense : on ne voit que ce que l'on est capable de comprendre ou de pardonner."


    "A bientôt trente ans, elle n'a pas dévié une seule fois de la trajectoire lisse qu'elle s'est choisie. On la trouve intelligente, belle et posée. Elle se sent inintéressante, éteinte et fragile."


     J'ai reçu ce livre en partenariat avec l'auteur et le forum Have a Break, Have a Book, et je les en remercie.